Le conseil général affirme sa volonté de créer un véritable pôle universitaire dans l'île dans les prochaines années. Un rapport sur ce futur pôle et un autre sur l'état de la recherche à Mayotte ont été présentés mercredi. Ils insistent sur le potentiel de recherche de l'île dont les résultats serviraient autant au développement économique et social qu'à un rayonnement dans toute la région.
Elle a déjà un nom, le Puma (Pôle universitaire de Mayotte), un lieu, que le conseil général ne veut pas dévoiler pour l'heure mais qui pourrait être Dembéni ou Chirongui, un public, 3.100 étudiants mahorais répartis entre ici, la Réunion et la Métropole, il ne lui manque plus grand-chose pour exister. L'université de Mayotte n'a jamais été aussi proche, elle pourrait exister en 2010, voire avant, si la volonté politique était là. "La vocation de Mayotte est, un jour, d'exporter des diplômés", affirmait le président Bamana en 1980. En attendant, Mayotte a choisi d'exporter ses bacheliers et le résultat est loin d'être brillant. Pourtant, ceux qui réussissent vont loin et reviennent, qu'ils soient doctorants en biologie marine, en linguistique, en géographie ou en ingénierie médicale, les chercheurs mahorais existent et travaillent au développement de Mayotte.
Conscient des difficultés rencontrées par nos étudiants en Métropole et du taux de réussite dix fois supérieur enregistré par l'IFM, le conseil général a choisi de faire de ce Puma une priorité et commandé un rapport sur sa création à François Marzat, ancien directeur du Greta. Son constat est simple : Mayotte possède tous les ingrédients nécessaires à la création d'une université. Il nous compare à la Guyane, proche de nous par sa population et qui affiche le même effectif que nous en collèges et lycées : elle a sa propre université depuis longtemps, de même que la Nouvelle Calédonie et la Polynésie qui ont ouvert des facs avec 1.500 étudiants au départ. La croissance démographique de Mayotte étant plus forte, on peut envisager un effectif de 3 à 4.000 étudiants d'ici 15 ans, la plus grosse université de l'Outremer serait alors celle de Mayotte.
Pour M. Marzat, la future université ne doit surtout pas se cantonner aux formations de base (licence), mais développer également des formations longues pour attirer les chercheurs, essentiels à la vie d'un pôle universitaire. Lettres, sciences humaines, mathématiques, sciences de la vie... une bonne partie des formations de licences sont déjà présentes via l'IFM ou le Cefsm, à l'exception des filières langues, type LEA, à rajouter. Il faut bien sûr réfléchir aussi en terme de débouchés sur l'île et envisager la création d'un IUT en continuité des sections STI, sciences et techniques de l'ingénieur. Pour des filières plus spécifiques, l'auteur du rapport préconise la création d'un vaste centre de recherches sur l'Islam. La spécificité de Mayotte, à 98% musulmane, qui fonctionne en partie sur le droit cadial, doit être exploitée en excluant bien entendu le côté théologique. Ce centre pourrait trouver des partenaires comme l'Institut du monde arabe à Paris.
Autres filières essentielles, celle des sciences du langage, déjà en partie existante au Cefsm de la licence au master, avec continuité à l'université de Rouen. Elle abrite un programme de recherche intitulé "Plurilinguisme et aménagement linguistique à Mayotte" qui réfléchit sur la place des langues, sur le rapport à l'écrit dans le contexte de l'échec scolaire. Le professeur Fouad Laroussi était dans l'île la semaine dernière. Ce centre de recherches a donné lieu à la soutenance d'une thèse en 2007, deux autres très prometteuses sont en préparation. Enfin, les filières biodiversité et énergies renouvelables sont porteuses de développement et d'emplois pour l'avenir. Elles existent dans toutes les universités d'Outremer. La DEDD emploie d'ailleurs un thésard sur les énergies renouvelables, Ibrahim Bahedja, de même qu'un docteur et un doctorant en biologie marine, Mme Dhahabia Chanfi et Jérémy Kiszka.
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amoria, Posté le mardi 02 février 2010 03:42
bein on attend cette université avec impatience